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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 18:00

 

       Ami lecteur, bonjour!

 

   Voici quelques jours déjà, je vous avais promis un hommage à l'un de mes "coups de coeur littéraires" de ces derniers mois. Il est grand temps que je tienne parole et que je vous présente l'un de mes chers nouveaux amis, qui se nomme Wilkie Collins...

 

   Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais ma rencontre avec chaque nouvel auteur n'est jamais sans rappeler ce qui peut (ou a pu !) se passer dans la vraie vie, aujourd'hui comme il y a deux cents ans.

 

  Je m'explique : imaginez-vous arriver dans une réunion mondaine (dîner, soirée, cocktail, il y a le choix!), où vous ne connaissez que fort peu de monde. Assez intimidé(e), vous voilà accueilli par l'hôte qui pour vous mettre à l'aise va vous introduire auprès de ce beau monde et vous présenter à ses relations. Une fois les présentations d'usage faites, vous voilà liant connaissance, avec plus ou moins d'aisance... Et très souvent, l'un des moyens d'y parvenir est de se découvrir des amis communs. Eh oui, les choses n'ont pas beaucoup changé depuis Jane Austen et Agatha Christie ( "Vous venez de Mansford? Comme c'est intéressant! Sans doute connaissez-vous alors mes chers amis les Pickott, les cousins du Révérend Spring? Et cette chère Miss Bates? Quel bonheur!"). Nanti(e) de ce sésame inestimable, vous voilà accepté(e) et prêt(e) à lier réellement connaissance... La suite dépend de la vie, du caractère de chacun et des circonstances!

 

   Ma rencontre avec Wilkie Collins a donc beaucoup ressemblé à ce qui aurait pu se passer dans une de ces réunions mondaines... Il faut dire que je connaissais déjà plusieurs de ses relations, n'étant pas trop mal introduite dans le cercle fermé des romanciers anglais du XIXe siècle : amie intime de Jane Austen, d'Elizabeth Gaskell et de Charlotte Brontë, admiratrice fervente de Dickens, complice d'Anthony Trollope, le fait de faire connaissance avec ce petit nouveau n'était qu'une question de temps...  

 

   Lorsqu'une amie m'a dit "Comment, Philomène, tu ne connais pas Wilkie Collins? C'était pourtant un romancier victorien, contemporain de Charles Dickens, et l'un de ses chers amis de surcroît! Un auteur de romans à sensation absolument exceptionnels!", j'ai donc aussitôt sauté sur l'occasion de lier connaissance.

 

   C'est donc avec La Dame en blanc que j'ai commencé à le découvrir...

 

   Et je n'ai pas été déçue!

 

   Quelques mots de l'intrigue pour commencer : un jeune homme, professeur de dessin, est engagé dans une riche famille afin de donner des leçons à la jeune fille de la maison et à sa cousine. Cependant, la veille de son départ dans le Cumberland pour y prendre son poste, il rencontre, en pleine nuit, une femme affolée et toute vêtue de blanc, manifestement poursuivie, et à qui il va porter secours. Il devra ensuite affronter les conséquences de cet acte...

 

   L'histoire de la malheureuse dame en blanc est lancée, et je l'ai trouvée vraiment palpitante, puisque je n'ai pas pu lâcher le livre avant la fin du week-end : 476 pages lues en deux jours (sans compter la nuit!), je pense que c'est un bon gage de qualité! (Cependant, dans ces cas-là,  je ne garantis pas les conséquences pour mon entourage, ce genre de livre ayant pour effet de me transformer en ours irrascible ou en nain Grincheux au sommet de sa forme).

 

   J'ai donc vécu, mangé, tremblé avec William, Laura et Marian, détesté avec eux l'infâme comte Fosco, et méprisé souverainement le misérable Lord Glyde...

 

  J'ai aussi compris le sens de l'expression "roman à sensation", et ai adressé mentalement et tardivement toutes mes condoléances aux malheureux lecteurs de l'époque victorienne, obligés par le système de publication en feuilleton de l'époque à attendre PLUSIEURS SEMAINES avec de connaître LA SUITE!

 

   Bien.

 

   Mais, évidemment, mon enthousiasme pour ce très bon roman ne m'a pas empêchée d'être parfois un peu critique, goguenarde, voire franchement exaspérée lors de certains passages, au point de m'exclamer, toute seule et au mépris de tout respect pour l'auteur : "Non mais franchement Wilkie, vous abusez!" (oui, lorsque l'on passe deux jours et une nuit d'affilée avec quelqu'un, on peut se permettre un peu de familiarité. Mais ceci dit, ami lecteur, je comprendrais que vous fussiez choqué!)

 

   Par exemple, moi, si j'étais écrivain, je ferais EXPRES de choisir pour mes personnages des noms un peu moins révélateurs, histoire de rajouter un peu de piment et de suspense pour mes lecteurs (mon héros s'appellerait Raoul, mon héroïne Berthe, et il serait de ce fait plus dur de déterminer s'ils appartiennent à la catégorie des gentils ou à celle des méchants!). Tandis que dans ce livre, je ne pense pas rompre un secret d'état en révélant que Sir Percival (grand, autoritaire et ténébreux) et Fosco (rondouillard,à l'air rusé et ITALIEN!!) sont les noms des fourbes de l'histoire, tandis que l'héroïne (évidemment blonde, pâle, aux yeux bleus et à l'air mélancolique) répond au doux nom de Laura Fairlie...

 

    Cette dernière est d'ailleurs parfaitement insipide : la plupart du temps terrifiée, évanouie, retirée dans sa chambre et sanglotant à fendre l'âme, elle ne fait, à mon sens, pas le poids face à son énergique cousine Marian, moins belle certes, mais ô combien plus consistante (je vous laisse lire le roman pour savoir pourquoi!). Eh bien, de qui croyez-vous que le héros tombe amoureux? Vous avez deviné. Rassurez-vous, j'ai dit à Wilkie ce que j'en pensais à ce moment là.

 

    Oh, il rend bien hommage à Marian à sa façon, en faisant déclarer à l'un des personnages : "Elle est si énergique! Elle mériterait d'être un homme!". Je m'apprêtais à jeter le livre à travers la pièce, quand je me suis souvenue qu'il avait été écrit au XIXe siècle et que les mentalités avaient heureusement un peu évolué depuis... Et j'ai pardonné cette horreur à Wilkie Collins parce que vraiment, malgré tout, l'histoire était passionnante...

 

    Voilà! Amatrice de romanesque, les péripéties de ce roman m'ont bien plu... Folie, espionnage, enlèvements, trahisons, accidents, décès tragiques, tout y est (je crois même, si mes souvenirs sont bons, qu'à un moment il y a un incendie!). La vraisemblance en prend parfois un coup, on s'esclaffe souvent aux moments les plus tragiques, mais c'est ce qui fait le charme de la chose!

 

    A bientôt pour un nouvel hommage!

 

                                           Philomène.

 

 

 

 

 

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